
Faire croire que l'on peut économiser sans impact sur les soins est une illusion
GIBBIS dit non à un budget santé qui fragilise les hôpitaux.
GIBBIS, la fédération des institutions de soins bruxelloises, a voté contre la proposition de budget fédéral des soins de santé 2027 soumise au Comité de l’assurance ce lundi. Un vote d’alerte. Dans le contexte du conclave budgétaire qui vient de démarrer, GIBBIS souhaite attirer l’attention sur les conséquences que de nouvelles économies pourraient avoir sur les patients, les hôpitaux et la réussite des réformes en cours.
Réformer les hôpitaux tout en réduisant leurs moyens : une contradiction majeure
Les autorités fédérales ont engagé une réforme profonde du paysage et du financement hospitalier. Les hôpitaux soutiennent ces transformations et travaillent déjà activement à la réorganisation des soins, à la digitalisation, à l’évolution de leur financement et au développement de nouvelles formes de collaboration.
Mais ces réformes impliquent des coûts de transition importants : transformation de l’infrastructure, accompagnement du personnel, harmonisation des dossiers patients informatisés, adaptation des systèmes informatiques, maintien temporaire de structures parallèles ou encore regroupement d’activités entre sites hospitaliers. Toute transformation nécessite une phase de transition qui doit être accompagnée et financée. Or les modalités de financement de cette transition restent largement à définir.
Dans ce contexte, GIBBIS estime qu’il est incohérent de demander au secteur hospitalier de supporter de nouvelles économies alors même qu’il lui est demandé de préparer les transformations les plus importantes de ces dernières décennies.
De nouvelles économies hospitalières risquent d’affaiblir l’offre de soins
Les besoins en soins ne cessent d’augmenter sous l’effet du vieillissement de la population, de la progression des maladies chroniques et de la concentration croissante des soins complexes à l’hôpital. Les projections du Bureau fédéral du Plan confirment cette évolution.
Dans le même temps, les hôpitaux ont déjà largement participé aux efforts d’assainissement budgétaire. Les mesures décidées en 2026 représentent à elles seules un impact estimé à près de 200 millions d’euros pour le secteur hospitalier.
Faire croire que l’on peut encore réduire les moyens des hôpitaux sans impact sur l’accessibilité ou la qualité des soins est une illusion.
Chaque nouvelle économie réduit la capacité des hôpitaux à investir, recruter, innover et accompagner les patients. À terme, ce sont les citoyens qui en supportent les conséquences à travers des délais plus longs, une offre de soins réduite ou une moindre capacité d’investissement dans les technologies et les infrastructures de demain.
D’autres choix sont possibles pour préserver la solidarité du système
GIBBIS estime que d’autres pistes méritent d’être examinées plutôt que de fragiliser davantage les hôpitaux et les prestataires de soins qui y travaillent.
C’est notamment le cas de la révision des critères d’accès au statut BIM (Bénéficiaire de l’Intervention Majorée), qui permet à certains patients de bénéficier d’un remboursement plus important de leurs soins de santé. La croissance continue du nombre de bénéficiaires mérite d’être analysée afin de s’assurer que le dispositif cible effectivement les personnes qui en ont le plus besoin.
Une autre piste consiste à poursuivre les efforts en matière d’appropriate care afin de réduire les soins à faible valeur ajoutée et les variations de pratique qui ne se justifient pas médicalement.
Une réflexion pourrait également être menée sur l’évolution du ticket modérateur, c’est-à-dire la part des soins restant à charge du patient après intervention de l’assurance maladie, tout en maintenant une protection renforcée pour les publics les plus vulnérables.
Ces pistes visent à renforcer l’équité du système tout en préservant les moyens nécessaires au financement des soins pour tous.
« Les hôpitaux sont prêts à se réformer. Ils ne pourront cependant pas réussir cette transformation si les moyens continuent à diminuer. Fragiliser davantage les hôpitaux aujourd’hui, c’est prendre le risque de compromettre demain l’accès des patients à des soins accessibles et de qualité. », affirme Gert Van Esbroeck, Directeur général de GIBBIS
Contact presse
Ariane van de Werve
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GIBBIS est la fédération patronale pluraliste des secteurs public et privé associatif des institutions de soins à Bruxelles. Elle représente plus de 70 institutions membres (hôpitaux, institutions psychiatriques et maisons de repos), réparties sur plus de 80 sites à Bruxelles et couvrant les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale.
