
Bruxelles Santé 2040: GIBBIS présente sa note de vision et appelle au débat
Lors du symposium qu’organisait GIBBIS le 20 janvier dernier au Parlement bruxellois, Karel Van De Sompel, Directeur Général de GIBBIS, a présenté la note de vision ‘Bruxelles Santé 2040’, qu’il entend être ambitieuse - malgré les contraintes budgétaires - et surtout ouverte à la discussion.
Karel Van De Sompel replace tout d’abord cette note dans le contexte : « En 2025, nous nous sommes dit qu’il était important d’avoir une vision à long terme en santé pour la Région de Bruxelles-Capitale. Nous avons travaillé avec nos membres et notre Organe d’administration pour développer une vision ambitieuse de santé pour Bruxelles, et ce, en collaboration avec la première ligne ».
«Cette vision ambitieuse est un choix délibéré, malgré les contraintes budgétaires, car nous regardons le long terme, à savoir 2040-2050. Dans l’intervalle, nous entendons prendre nos responsabilités, mais des responsabilités partagées avec le monde politique», souligne-t-il.
Deux grandes ambitions
«Bruxelles est une ville magnifique, généreuse, ouverte au monde. Mais Bruxelles est également à un tournant de son histoire. C’est une métropole où trop de personnes vivent sans accès efficace aux soins, où les inégalités se creusent, où des jeunes abandonnent leurs rêves faute de santé, où des aînés se sentent seuls face à leur fragilité. Nous savons que nous pouvons mieux faire. Nous savons que nous devons mieux faire», déclare Karel Van De Sompel.
La première ambition de GIBBIS dans ce cadre est d’éliminer les écarts d’espérance de vie des Bruxellois entre les communes. Entre Saint-Josse-ten-Noode et Woluwe-Saint-Pierre, par exemple, il y a six ans d’écart d’espérance de vie. « Nous pouvons peut-être expliquer ces différences qui existent aujourd’hui, mais elles ne se justifient plus dans notre société », explique Karel Van De Sompel.
La deuxième ambition de GIBBIS consiste à augmenter le nombre d’années de vie en bonne santé des Bruxellois de 10 ans d’ici à 2050 : « Outre le fait que le retour sur investissement d'une année supplémentaire de vie en bonne santé serait immense et aurait un impact direct sur l’individu (un retour estimé entre 2 et 3,7 milliards d’euros par an au niveau national), cela nous amènerait au même niveau que la Suède aujourd'hui. Tout cela, non pas pour embellir un tableau politique, mais pour changer des destins, pour offrir des années de vie, de projets, d’amour, de liens », poursuit Karel Van De Sompel.
Quatre piliers
La vision ‘Bruxelles Santé 2040’ de GIBBIS repose sur quatre piliers :
- Premièrement, mettre – ou plutôt mettre à nouveau – l’Humain au centre des soins car aujourd’hui, trop de patients ne se sentent pas entendus et trop de soignants n’ont plus le temps d’écouter.
- Deuxièmement, rendre nos soins de santé accessibles pour que personne ne doive renoncer à se soigner pour des raisons financières, à cause de la distance, du manque d’information ou de la stigmatisation.
- Troisièmement, amener Bruxelles à devenir un pôle d’excellence européen de l’innovation en santé, en bâtissant sur les nombreux atouts dont elle dispose déjà.
- Et quatrièmement, protéger Bruxelles et ses habitants en misant sur la carte de la prévention beaucoup plus qu’aujourd’hui.
Des choix importants et nécessaires
Et Karel Van De Sompel de conclure en ces termes : "Aujourd’hui, il est important et nécessaire de faire des choix. Nous savons que les enjeux budgétaires sont lourds, que les réformes fédérales s’annoncent, que Bruxelles est complexe. Mais la santé ne peut pas être reléguée au second plan. Elle est un investissement, pas une dépense. Chaque euro investi dans la santé rapporte des années de vie en bonne santé, de bien-être et de prospérité collective. Nous comptons, plus que jamais, sur le gouvernement fédéral et sur le nouveau gouvernement bruxellois enfin formé pour placer la santé des citoyens au cœur des politiques qui seront menées."
GIBBIS appelle le monde politique à unir ses forces autour d’une vision commune, à regarder au-delà du court terme, à investir dans la santé comme dans l’avenir d’une génération et enfin, à faire de Bruxelles un symbole européen de solidarité et d’innovation.

